Petit couteau sympa

J’ai assemblé une lame d’origine finlandaise de la société Lauri: Lauri PT95. C’est une lame à trempe sélective, le tranchant est annoncé avec un HRC de 63! Longueur de lame: 9,5 cm.

J’ai utilisé pour le manche un andouiller de bois de cerf.

65 €

 

 

Nouveau Harding Helle

Je viens de réaliser un nouveau couteau avec une lame Harding de l’entreprise Norvégienne Helle. C’est une lame de type nordique avec un  laminage de 2 aciers: un acier dur enserré dans un acier plus tendre. On obtient ainsi dureté et souplesse. L’étui est de style nordique.

Comme il s’agissait d’un cadeau d’anniversaire d’un papa pour sa fille j’ai également réalisé à sa demande un porte-clé avec un motif « âne ».

Verdun

Aujourd’hui 21 février 2016 on commémore le centième anniversaire du début de la bataille de Verdun, je profite de cette occasion pour faire partager quelques textes.

Pour être allé plusieurs fois sur le site de Verdun, pour l’avoir traversé de jour comme de nuit et même avoir dormi dehors dans le secteur des Eparges (Mouilly, tranchée de Calonne) ou du côté de la côte 304 et du Mort-Homme, je crois que c’est le seul endroit où je crois aux fantômes!

Voici quelques textes qui me semblent intéressants.

Anna de Noailles (La comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née Bibesco Bassaraba de Brancovan, est une poète et une romancière française, d’origine roumaine, née à Paris le et morte à Paris le .)

« A force d’engloutir, la terre s’est faite homme.

Passant, sois de récits et de gestes économe,

Contemple, adore, prie et tais ce que tu sens. »


Henry de Montherlant (plus connu comme Montherlant, né le à Paris, mort à Paris le , est un romancier, essayiste, dramaturge et académicien français).

« Je marchais sur cette terre humaine comme sur le visage même de la Patrie ».


Paul Valéry (écrivain, poète et philosophe français, né à Sète (Hérault) le 30 octobre 1871 et mort à Paris le 20 juillet 1945.

« Verdun, c’est une guerre toute entière, insérée dans la grande guerre… Ce fut aussi une manière de duel devant l’univers, une lutte singulière, et presque symbolique en champ clos. »

« Tous vinrent à VERDUN pour y recevoir je ne sais quelle suprême consécration, ils semblaient par la Voie Sacrée monter pour un offertoire sans exemple, à l’autel le plus redoutable que jamais l’homme ait élevé. »


Voici deux extraits du livre « Le feu » d’Henri Barbusse qui ne se rapportent pas à Verdun

Le premier passage parle du soldat qui va s’offrir en sacrifice en pleine conscience mais non sans peur. En même temps il pense que celui qui ne l’a pas vécu ne pourra le comprendre: « leur sacrifice a plus de valeur que ceux qui ne les ont pas vus ne seront jamais capables de le comprendre« .

Le second texte c’est des dialogues de soldats dans les tranchées. Ils parlent de l’oubli (« Les hommes, c’est des choses qui pensent un peu, et qui, surtout, oublient. »), cette déchéance supplémentaire qui les attend, avoir vécu ce qu’ils ont vécu et être oublié. Il y a quelques jours un homme politique sur le retour (non pas lui un autre …) proposait la suppression du 8 mai . Certes il y a beaucoup de jours fériés en France mais guère plus qu’ailleurs; Il y a même un jour férié (Lundi de Pentecôte) dont on ne sait plus s’il est férié ou pas, bravo nos politiciens. Fin de la parenthèse …

Henri Barbusse (né à Asnières-sur-Seine le et mort à Moscou le , est un écrivain français.

« Chacun sait qu’il va apporter sa tête, sa poitrine, son ventre, son corps tout entier, tout nu, aux fusils braqués d’avance, aux obus, aux grenades accumulées et prêtes, et surtout à la méthodique et presque infaillible mitrailleuse – à tout ce qui attend et se tait effroyablement là-bas – avant de trouver les autres soldats qu’il faudra tuer. Ils ne sont pas insouciants de leur vie comme des bandits, aveugles de colère comme des sauvages. Malgré la propagande dont on les travaille, ils ne sont pas excités. Ils sont au-dessus de tout emportement instinctif. Ils ne sont pas ivres, ni matériellement, ni moralement. C’est en pleine conscience, comme en pleine force et en pleine santé, qu’ils se massent là, pour se jeter une fois de plus dans cette espèce de rôle de fou imposé à tout homme par la folie, du genre humain. On voit ce qu’il y a de songe et de peur, et d’adieu dans leur silence, leur immobilité, dans le masque de calme qui leur étreint surhumainement le visage. Ce ne sont pas le genre de héros qu’on croit, mais leur sacrifice a plus de valeur que ceux qui ne les ont pas vus ne seront jamais capables de le comprendre. »

« – C’est vrai, c’ qu’i’ dit, fit un homme sans remuer la tête dans sa gangue. Quand j’ sui’ été en permission, j’ai vu qu’ j’avais oublié bien des choses de ma vie d’avant. Y a des lettres de moi que j’ai relues comme si c’était un livre que j’ouvrais. Et pourtant, malgré ça, j’ai oublié aussi ma souffrance de la guerre. On est des machines à oublier. Les hommes, c’est des choses qui pensent un peu, et qui, surtout, oublient. Voilà ce qu’on est.

Ni les autres, ni nous, alors ! Tant de malheur est perdu !

Cette perspective vint s’ajouter à la déchéance de ces créatures comme la nouvelle d’un désastre plus grand, les abaisser encore sur leur grève de déluge.

– Ah ! si on se rappelait ! s’écria l’un.

– Si on s’ rappelait, dit l’autre, y aurait plus d’ guerre !

Un troisième ajouta magnifiquement :

– Oui, si on s’ rappelait, la guerre serait moins inutile qu’elle ne l’est.

Mais tout d’un coup, un des survivants couchés se dressa à genoux, secoua ses bras boueux et d’où tombait la boue et, noir comme une grande chauve-souris engluée, il cria sourdement :

– Il ne faut plus qu’il y ait de guerre après celle-là ! »


Best off de mes porte clés (actualisé)

J’ai regroupé dans cette galerie la plupart des porte-clés que j’ai réalisé. Me contacter via un commentaire si vous êtes intéressé.

J’ai aussi fait un montage sur You Tube.

Les motifs ce sont soit des demandes soit des choix personnels. Celui avec la voiture de drift c’est pour mon fils, allez voir son site vous comprendrez tout sur le drift: D-FAMOUS

 

 

Bowie manche en desert ironwood

En vente au prix de 220 €. Me contacter par un commentaire qui ne sera pas publié.

Encore un Bowie de la même facture que le précédent en 440 C made in Japan achetée aux USA, j’ai fait le guillochage de la lame et de la garde, la gravure d’un cerf stylisé sur le côté de la lame. Le manche est en bois de fer d’Arizona (Arizona desert ironwood).

L’étui est presque complètement réalisé: il sera terminé une fois vendu avec les initiales souhaitées par l’acheteur (les 2 photos d’un étui terminé sont juste là pour montrer à quoi ressemblera le résultat fini).

Tout est fait à la main à l’exception du guillochage de la lame où j’ai utilisé une Dremel (pour cause il est fait après trempe). Les petites imperfections sont le signe d’un travail artisanal et d’une lame unique réalisée pour le propriétaire. C’est ce que je précise sur le certificat qui accompagne le couteau fini.

Le prix est de 220 € (plus frais de port), cela peut paraître cher mais cela correspond uniquement au prix de la matière première et des consommables (colle, etc …): je ne fais pas de bénéfice, mon « gain » c’est le plaisir de réaliser un objet qui me plait, de garder quelques photos de la réalisation et du produit fini et enfin le  plaisir de partager avec celui qui en prendra possession.

PS: merci à la revue Excalibur qui m’a servi d’arrière plan pour quelques photos.

Verdun (suite)

Mon grand-père Albin Revel a participé à la bataille de Verdun du 8 mars au 2 avril 1916. Il était artilleur à la 9ème batterie du 36ème régiment d’artillerie. Le régiment occupait des positions au « Bois Bourru » au Nord-Ouest de Verdun. Pour plus de détail allez ici.

Dans ses lettres il témoigne peu de ces conditions de vie en raison de la censure.

Dans une lettre du 11 mars il écrit à celle qui deviendra sa femme: « Qu’est-ce que tu veux, c’est la guerre et pour tout de bon à présent, ma toile de campement en sait quelque chose et moi aussi qui était à côté.« 

19160311 bois bourru extrait

Le 12 mars il écrit: « Ne te fais pas de bile pour moi ça se calmera sûrement bientôt par ici car on ne peut pas continuer de ce train de part et d’autre. Il y a à peine une demie-heure qu’une de nos pièces vient d’abattre un avion boche. Le spectacle était  épatant et tout le monde était heureux de voir descendre ce monstre si rapidement. » Pour lui ça ne va pas durer à ce rythme …

19160312 bois bourru extrait

Le 15 mars il écrit: « Hier nous avons été changer les batteries (NDLR: changer de place) les positions étaient intenables… Ces cochons de boches nous ont également envoyé hier des obus lacrymogènes; ce n’est rien de bien bon, heureusement j’avais mon masque contre les gaz sans cela j’étais réglé. Je garde le ferme espoir de revenir sain et sauf au pays natal malgré tous les sales procédés qu’emploient ces bandits pour nous détruire. Je suis toujours en très bonne santé malgré tout ce fourbi et malgré aussi que je n’aie pu dormir plus de 3 heures depuis 8 jours. Toute la nuit nous rodons comme les chats. Ça finira peut-être bientôt. » Il devait décéder de la tuberculose en 1932 à l’âge de 38 ans: usé par ces années de guerre, et un état aggravé par des poumons brulés par les gaz.

 19160315 bois bourru extraitVoici 2 extraits du JMO (journal de marche et opérations) du 36°RA:

JMO 36RA 11 au 13 mars 16JMO 36RA 13 et 14 mars 16Et une carte des positions le 11 mars:

Verdun position 36RA 11-14 mars 16

How I made a Bowie sheath

I’ll try to explain step by step how I make a Bowie sheath.

First I make a paper template then I cut the leather: here leather vegetal tanning 1st choice origin France (thickness 3.3 / 3.6 mm).

My wish is that belt loop is on the side of the grain leather (it is more aesthetic), some people (I also did it: it’s easier) return the back so that it is the split leather is side handle of the knife. Another constraint I add layers of leather to compensate for the width of the guard, 2 layers here about 1/2 cm. On this model I made for the first time (but I think I’m not the first!) a cut to the thigh holster side there is a single leather thickness (it’s more complicated! ). It is glued, riveted and sewn so it should take !!

I put of course a “martyr” (leather piece that goes around the sheath and protects the seam of the cut by the blade hence the name « martyr » it is he who takes the shots!). I also added side upper part of the blade a thickness which is tapered, it serves to compensate for the thickness of the back of the blade.

On this model I left a piece of leather to tie a leather lace. This is done so that in case of uselessness or discomfort this piece of leather can easily be cut with a simple cutter.

The decoration is made with wet leather stamps and the leather is dyed.

Then the connection is maintained by gluing. I practice a groove in leather with a special gouge so that the thread takes place in that throat and protects friction. For holes in this case because of the thickness (about 18 mm thicker) I use the drill press, in fact it is impossible to go through with an awl. Then comes the sewing thread waxed with 2 needles with round ends, it takes more than 4 m of thread !!! I cross the wire and make a loop at each point, so that in case of breakage of the wire to a point the rest does not move.

I do not forget to use edge skiving tool on the edges.

I check and eventually made a dye retouching. For slices I use a beeswax block and an electric soldering iron. Then I gloss edges, I made a small tool I use on drill: they are leather discs (diameter 4-5 cm) stacked to a thickness of about 3 cm. These pieces of leather are kept in a holder for polishing pad for drill.

Finally I finish putting a product for leather.

Sorry for my so bad english!!

Réalisation d’un étui de Bowie.

Je vais essayer d’expliquer pas à pas les différentes étapes dans la réalisation d’un étui de Bowie.

Tout d’abord je fais un gabarit papier du modèle que je veux réaliser puis je découpe le cuir: ici du cuir croupon 1er choix tannage végétal  origine France (épaisseur 3,3/3,6 mm).

Mon souhait est que le passant de ceinture soit côté fleur (c’est plus esthétique), certains (je l’ai aussi fait: c’est plus simple!) retournent la partie arrière ce qui fait que c’est la partie croute qui est côté manche du couteau. Autre contrainte: ajouter des épaisseurs de cuir pour compenser la largeur de la garde (pour que tout tombe d’aplomb), ici 2 épaisseurs soit environ 1/2 cm. Sur ce modèle je réalise pour la 1ère fois (mais je pense que je ne suis pas le premier!) une découpe pour que l’étui côté cuisse il n’y ait qu’une seule épaisseur de cuir (je me complique la vie!). Question solidité: c’est collé, riveté et cousu donc ça devrait tenir!!

Je mets bien sûr un martyr (pièce de cuir qui fait le tour de  l’étui et qui protège la couture de la coupure par la lame d’où son nom « martyr » c’est lui qui prend les coups!). Je rajoute également côté partie haute de la lame une épaisseur qui va en s’amincissant, elle sert à compenser l’épaisseur du dos de la lame.

Sur ce modèle j’ai laissé un morceau de cuir pour attacher un lacet de cuisse. C’est fait de telle façon qu’en cas d’inutilité ou de gêne ce morceau de cuir peut être découpé facilement avec un simple cutter.

La décoration est faite avec des tampons sur cuir humide, puis le cuir est teinté.

Ensuite l’assemblage est maintenu par collage. Je pratique une rainure dans le cuir avec une gouge spéciale de façon que le fil prenne place dans cette gorge et le protège des frottements. Pour les trous, dans ce cas en raison de l’épaisseur (environ 18 mm au plus épais) j’utilise  la perceuse à colonne, en effet c’est impossible de traverser avec une alêne. Puis vient la couture au fil poissé avec 2 aiguilles à bouts ronds, il faut plus de 4 m de fil!!! Je croise le fil et fait une boucle à chaque point, ce qui fait qu’en cas de rupture du fil à un point le reste ne bouge pas.

Je n’oublie pas de  passer un coup d’abat-carre sur les arêtes.

Je vérifie et éventuellement fait une retouche de teinture. Pour les tranches j’utilise un bloc de cire d’abeille et un fer à souder électrique. Puis je lustre les bords, j’ai fait un petit outil que j’utilise sur perceuse: ce sont des disques de cuir (diamètre 4 à 5 cm) empilés sur une épaisseur d’environ 3 cm. Le tout est maintenu dans un support pour disque de polissage pour perceuse.

Enfin je termine en mettant un produit pour cuir.