Correspondance d’Albin Revel

Ces quelques lettres ne sont qu’un extrait de la correspondance d’Albin REVEL à Marie-Jeanne FULCRAND pendant la 1ère Guerre Mondiale. Je les ai choisies essentiellement pour leur valeur historique et pour la qualité de leur écriture. Ce sont là les deux traits essentiels, le choix a été difficile car elles sont toutes d’une grande richesse.

La qualité de l’écriture tant au plan calligraphique, quand on imagine dans quelles conditions elles ont été écrites, qu’au plan du style ou de l’orthographe, est remarquable.

Ensuite au plan historique tout ou presque y est, non seulement les grandes phases de la guerre (VERDUN, LA SOMME, …) mais aussi des faits marquants de l’époque (grippe espagnole, « l’arrière », …). On y trouve aussi tout ce qui a pu être écrit sur la vie au front : le courrier (primordial), la permission (aussi), les gaz (pudiquement appelés « lacrymogènes »), la boue, les « boches », etc… On y voit également la fraternité d’armes des combattants quand il parle des fantassins. Le livre « LA SAINTE BIFFE » que je cite, parle de la dure vie des artilleurs, et en particulier ceux du « BOIS-BOURRU ». Ces anciens du 155ème régiment d’infanterie, qui ont raconté leurs souvenirs, compteront près de 4000 morts parmi leurs camarades…

Enfin cette correspondance est pleine d’une certaine pudeur, bien sûr il y avait la censure, il en parle. Mais il y avait surtout un souci de ne pas inquiéter les familles. On retrouve, à quelques variantes près, dans toutes les lettres la même phrase : « très heureux de vous savoir en bonne santé, il en est de même pour moi ». C’est la seule phrase banale de toute cette correspondance. Ils vivaient un tel enfer qui était ni descriptible, ni partageable par les non-initiés, même pas par la famille.

Le secteur postal 100 était l’adresse postale militaire de son unité. Cela permet de conserver l’anonymat de l’unité et de faire suivre le courrier quel que soit le lieu. Le  » SP  » est toujours utilisé.

Albin était un propriétaire terrien aisé, il possédait une magnifique maison à Montpellier à La Pompignagne, cette maison s’appelait « Les Sablons », miné par la maladie, il sera obligé de la revendre. C’est aujourd’hui un très bel hôtel « La maison blanche ».

Albin REVEL est né en 1894 à Canet (Hérault), âgé de 20 ans en 1914 (Jeanne en a 14), il devait décéder en 1932 à l’âge de 38 ans.

A mon grand-père, Didier Castanié.

Voici le recueil au format pdf qui regroupe cette correspondance:

Recueil de lettres d’Albin Revel

Suivez son parcours sur une carte d’époque (je confirme ce sont des cartes d’époque!):

Région de Baccarat

Région de Montdidier

Région de Senlis

Région de Verdun

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