Dimanche 10 novembre 1918

(NB: date historique)

Ma chère Janette.

Ainsi que je te l’ai dit nous sommes depuis quelques temps tous les jours en étapes, et nous n’arrivons jamais à nous mettre en contact avec les boches.

Je m’étais un peu trop pressé dans ma dernière lettre à t’annoncer la signature de l’armistice.

Ce bruit en effet avait couru chez nous et nous ne pouvions guère faire autrement que d’y croire, il nous venait de très bonne source, la chose avait été tout simplement mal interprétée, mais je crois que ça sent la fin à plein nez. Je ne t’en dis pas plus long, les journaux vous tiennent assez au courant. J’ai reçu ton mandat, j’encaisserai le montant demain ou après-demain.

Nous repartons encore demain faire quelques kilomètres de plus. Je suis en très bonne santé, vous en souhaite de même à tous.

Je ne pourrai peut-être pas t’écrire tous les jours au moins pendant cette période de déplacements continuels, mais rassure toi dès que j’aurai un moment de libre j’en profiterai pour te donner de mes nouvelles.

C’est tout pour ce soir. Je t’aime toujours beaucoup.

Au revoir et baisers à toute la famille. Mille grosses caresses de ton chérie pour la vie.

Albin REVEL

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