Dimanche 3 novembre 1918

Ma chère Janette.

Que de mauvaises nouvelles tu m’apportes ces jours-ci ! je vois que cette épidémie devient cruelle à CANET (NB: Epidémie de grippe espagnole qui fit des ravages considérables.). Le pauvre Adolphe n’a pas eu de veine également. J’ai vu à ma dernière permission que Jeanne M…….. avait très mauvaise mine mais je ne me figurais pas qu’elle allait mourir si vite.

Nous avons fait notre troisième étape, nous nous trouvons actuellement dans l’AISNE dans le fort de VILLERS COTTERETS, nous repartons demain. Deux étapes de plus et nous serons en ligne et pas dans un fameux coin paraît-il.

La guerre n’est pas encore finie c’en est même loin je crois. On le verra par la suite.

Tu ne me dis jamais grand-chose du colon, j’aimerai savoir ce qu’il pense de la dernière lettre que je lui ai envoyée. A-t-il l’air de s’occuper sérieusement de son travail ? Et t’a-t-il reparlé de la jument ?

Le tour de permission est presque fini, il n’en reste plus qu’une vingtaine à passer avant moi, mais je crois bien que le premier de ces vingt ne repartira pas avant le 1er décembre, mon tour serait par conséquent pour la fin du mois de décembre bien entendu.

Je suis en bonne santé et heureux qu’il en soit de même pour vous.

J’ai reçu aujourd’hui des nouvelles de Mme L……..

Et Papa, que pense-t-il de la guerre ? Je lui ai écrit hier seulement pour lui dire que nous avions quitté l’ISLE ADAM, il ne m’a pas écrit voilà déjà longtemps, il est un peu paresseux. Demain, je ne t’écrirai probablement pas, j’aime mieux te prévenir. Tu peux croire qu’il y a de quoi s’ennuyer par ici.

C’est tout pour aujourd’hui. Continue à me donner beaucoup de détails, je t’aimerai bien comme toujours tu comprends bien.

Bons baisers à toute la famille et pour toi ma chère Janette un million de caresses de ton mari qui t’adore.

Albin REVEL.

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