Dimanche 9 janvier 1916

Ma chère Jeanne.

Merci de tes belles cartes. Je suis très content de savoir que vous avez de temps à autre la visite de CONSTANT. Voudras tu lui dire de m’écrire ?

J’arrive à l’instant même de MAREUIL, nous sommes partis 2 à cheval pour aller chercher du cidre, on ne nous a pas donné nos deux quarts de vin aujourd’hui ; rien qu’un, ce n’était pas suffisant.

Mais même si demain on ne nous en donnait pas du tout je ne reviendrais pas au village sans permission et encore bien moins à cheval ; c’est très imprudent. On risque de se faire supprimer la permission de 6 jours (et je n’y tiens pas).

Enfin pour ce soir tout s’est bien passé. Demain ce sera aux copains d’aller faire cette corvée.

Il est probable que cette nuit nous aurons alerte et toujours pour les gaz asphyxiants.

Tu peux être tranquille au sujet de ce que tu m’as annoncé sur le compte de PAUL je ne dirai rien.

Quant à moi je ne crois pas d’être évacué encore, je suis trop bien portant.

Pas d’autres nouvelles.

Bonjour à tous sans oublier CONSTANT.

Mille baisers pour toi.

Albin REVEL

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