Lundi 20 mars 1916

Au secours ! au secours ! je me noye.

(dessin de petits bateaux à rames avec des marins à pompons signé AR). Voir original.

PALAVAS LES FLOTS (écrit dans les vagues)

LE 20 MARS 1916.

Ma chère Jeanne.

Il est à présent 9h du soir et je suis un peu plus content, plus tranquille si tu veux qu’il y a quelques heures. Les boches nous ont bombardés toute la soirée. Nous n’avons pas eu de morts grâce aux tranchées abris que nous avons fabriquées le plus solidement possible.

Ma division est la 25ème vient d’être citée à l’ordre du jour. Il parait que nous serons bientôt relevés de par ici, les pauvres fantassins régiments d’infanterie ayant perdu une bonne partie de leur effectif (NB:  » En sortant des casernes Bevaux, nous croisons un régiment qui monte en ligne. Les hommes nous regardent, avec des yeux effrayés. « Quelle compagnie êtes-vous du 405? – Nous sommes le régiment…  » cité par J. PERICARD dans VERDUN.). De plus pour notre belle conduite au feu nous resterions quelques temps à l’arrière comme (troupes de réserve). Ceci n’est pas officiel, mais tu as pu constater que je ne me suis pas trompé bien souvent lorsque je t’ai annoncé quelque chose. Voir extrait du livre « La Sainte Biffe« .

Je suis toujours en bonne santé et espère qu’il en est de même pour vous.

Mon beau-frère m’a écrit ; je suis content à présent.

Depuis que je suis ici j’ai vu descendre 4 avions boches par nos biplans de chasse. C’est épatant de les voir dégringoler en flammes. Nous ne les plaignons guère.

Malgré ces divertissements il nous tarde à tous d’évacuer ces lieux pour une bonne raison c’est que les espions pullulent par là… Tous les soirs il y a une patrouille qui surveille les fils lignes téléphoniques qui relient les pièces de canon et les avant-trains où nous sommes avec les chevaux.

Tu voudras bien me pardonner si je me permets de charrier un peu avec l’en-tête de ce papier. Je sais bien que tu ne m’en voudras pas pour cela ma chère Jeannette, aussi je ne me gêne guère.

Et l’embusqué que fait-il, je veux parler de cet ami CONSTANT FOURES ?

Donne-lui le bonjour de ma part.

Mes amitiés à Maman et Paulette et pour ma grande chérie mille baisers affectueux.

Albin REVEL

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