Lundi 27 mars 1916

Ma chère Jeanne.

Voilà déjà 3 jours que je ne reçois pas de vos nouvelles ; oh ! ce n’est pas de ta faute, je le sais puisque tous mes camarades se trouvent dans les mêmes conditions que moi. Toutes les fois que j’ai vu ce retard dans les correspondances j’ai constaté que le départ approchait. Ceci dit je ne t’en veux pas, au contraire toujours beaucoup.

Toujours en parfaite santé et vous en souhaite de même à tous.

Aujourd’hui il ne pleut pas mais il ne fait pas soleil non plus, ce qui fait que la boue ne va pas sécher rapidement, et nous en avons à un tel point qu’à certains endroits nous nous y enfonçons jusqu’aux genoux ; ceci ne se produit que lorsqu’il faut aller porter à manger aux servants des pièces .
(NB: « Les hommes-soupe mettent une nuit entière pour aller chercher viande, pain, vin, chocolat, conserves… Ils rentrent harassés au petit jour, faisant quelques fois les derniers cents mètres sous les balles de mitrailleuses. » Historique du 18ème bataillon de chasseurs à pied.)
Reçois-tu assez régulièrement les lettres que je t’envoie ?

Je ne vois plus grand-chose à te raconter ; si j’en disais plus long ce ne serait que pour répéter qu’il me tarde de partir en permission. Hélas ! où est le quartier ?

Affectueux bonjour à tous.

Mille gros baisers de celui qui ne t’oublie pas. Albin REVEL.

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