Mercredi 25 avril 1917

Ma chère Jane.

C’est avec un réel plaisir que j’ai appris par ta lettre d’hier que ton père était décoré de la Légion d’honneur après avoir reçu une nouvelle citation (NB: Citation du 17/04/17 : « officier actif et zélé s’occupant personnellement de toutes les installations plaçant ou utilisant les postes sans souci du bombardement. Donne à tous ses sapeurs le meilleur exemple sous le feu.  » ) non moins éclatante que la première (NB: Citation du commandant du génie de la 151ème DI (pas de date) :  » officier dévoué et courageux. Chef d’unité de projecteurs de campagne a dirigé personnellement toutes les installations des postes de sa section soit dans les terrains découverts soit dans les tranchées de 1ère ligne faisant les reconnaissances et conduisant les travaux sans souci du bombardement ennemi le plus violent et obtenant par son exemple et son courage le maximum de ses sapeurs. » ) .

Je comprends aisément que tout devait déborder de joie à la maison lorsque cette heureuse nouvelle vous est parvenue. Ce que le piano a du être taquiné ce soir-là. J’aurais bien voulu ne pas être loin moi aussi pour vous voir toutes 3 si joyeuses.

Je crois à mon idée que Papa ne vous annoncera rien du tout et qu’il voudra opérer de la même façon que lorsque il fut décoré de la croix de guerre, c’est à dire vous épater complètement à sa prochaine arrivée en permission.

Pourquoi sur ta lettre d’hier ne me donnais tu pas son adresse ? Il y a environ 15 jours j’avais celle que tu m’as envoyé il y a longtemps déjà. J’ai cherché dans mon calepin, j’ai effeuillé toutes les pages de mon livret militaire, impossible de rien trouver. Je dois l’avoir brûlé lorsque j’ai fait le recensement de toutes mes lettres. Envoie la moi le plus tôt possible.

Tous les jours nous sommes occupés à l’aménagement du cantonnement, constructions d’écuries et hier en particulier il m’a été impossible de t’écrire.

Je t’envoie quelques violettes les unes de la couleur les autres blanches, tu le vois du reste. Elles ont été cueillies à cent mètres environ d’une batterie anglaise que nous sommes allés voir.

Mais j’y pense à présent j’aurais fait une gaffe si j’avais trouvé l’adresse de ton père et que je lui ai écrit, il appartenait était alors au 2ème Génie.

Toujours en bonne santé, vous en souhaite de même à tous.

Aurais-je une lettre ce soir ?

Recevez mes meilleures amitiés et un affectueux bonjour et garde pour toi ma grande chérie mille bons baisers.

Albin REVEL.

36ème d’art. 9ème batt. S.P.100

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