Samedi 11 mars 1916

Ma chère Jeanne.

Tu ne m’en voudras pas j’espère de ne pas t’avoir écrit plus longuement hier. Nous étions prévenus qu’il faudrait peut-être partir pour aller toujours de l’avant et de nous tenir prêts. Je n’ai pas même écrit à la maison. Qu’est ce que tu veux, c’est la guerre et pour tout de bon à présent ma toile de campement en sait quelque chose et moi aussi qui y étais à côté. Alors nous disons comme d’habitude ça va toujours très bien et vous en souhaite de même à tous.

MARCEL ne m’a pas encore écrit. Nous sommes tout près de VERDUN (au BOIS BOURRU) (NB: « VERDUN, c’est une guerre toute entière, insérée dans la grande guerre… Ce fut aussi une manière de duel devant l’univers, une lutte singulière, et presque symbolique en champ clos.  » Paul VALERY. Le BOIS BOURRU se situe à environ 8 km au nord-ouest de VERDUN, voir la carte et les documents en annexe) ça vaut pas Palavas les flots.

Adieu ma chère petite que j’aime, c’est fini pour ce soir. Je t’embrasse bien fort mais de bien loin hélas. Encore une autre bise.

Albin

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