Vendredi 1er novembre 1918

Ma chère Janette.

Tu seras peut-être étonné de ne pas avoir reçu de lettre de ton Albin de 2 jours. Je vais tout de suite t’expliquer quels sont les motifs qui m’ont empêché de t’écrire ; c’est parce que nous sommes partis précipitamment de l’ISLE-ADAM pour prendre la direction du front.

En effet nous avons déjà fait 2 étapes nous sommes dans l’OISE, il nous en reste paraît-il 3 à faire pour être en ligne. C’est bien embêtant ça me donne bien le cafard, quand je pense que nous étions si bien à l’ISLE-ADAM et que nous sommes si mal aujourd’hui.

Il serait à souhaiter que la guerre finisse bientôt. Tu ne te fâcheras pas si tu restes 2 ou 3 jours sans nouvelles. Pour faire cette lettre il m’a fallu demander la permission à un bon vieux. Nous sommes dans une sale boîte mais pas pour longtemps jusqu’à demain seulement.

Je suis en bonne santé et enchanté de savoir que vous êtes presque rétablies.

Je n’ai besoin de rien pour le moment comme effets d’hiver, nous avons touché avant notre départ un tricot et un caleçon.

Pas d’autres nouvelles à vous apprendre pour le moment. Je suis obligé de m’arrêter, j’ai beaucoup à faire en ce moment, quel fourbi tout de même.

Si nous restons demain, je t’écrirai plus longuement.

Baisers à toute la famille et pour toi ma petite chérie un million d’affectueuses caresses.

Ton mari pour la vie.

Albin REVEL.

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