3 août 1914

Le 3 août 1914 :

L’Allemagne déclare la guerre à la France.

J’ai pu enfin prendre le train vers le matin1 c’est alors que j’ai décidé de continuer jusqu’à Lamalou2 au lieu de me rendre directement, j’ai donc passé deux heures à Lamalou seulement arrivé à la gare le train était déjà parti j’ai du aller à Bédarieux avec le Castrais3 et n’ai pu partir qu’à 4 heures de l’après-midi, je ne suis arrivé à Avignon que le lendemain matin4 donc je ne suis pas arrivé en retard puisqu’il en est arrivé encore après moi,

1Le lundi 3 août.

2Lamalou les Bains dans l’Hérault là où se trouve sa famille.

3Probablement le nom du train qui devait venir de Castres (Tarn).

4Le mardi 4 août.

2 août 1914

Mon départ de Mers les Bains et ma traversée de Paris :

Le 2 août 1914 :

« J’ai quitté Mers les Bains le premier jour de la mobilisation1 dans la soirée à la gare un monde fou, Buis était venu m’accompagner on a vidé une dernière bouteille de champagne à un café tout près de la gare, j’ai présenté mon livret Militaire et je me suis embarqué pour Paris où je suis arrivé dans la nuit, j’ai du faire le trajet de la gare du Nord à la gare St Lazare à pied impossible de trouver un tramway ou de voitures, les taxis étaient pris d’assaut, j’ai demandé le prix à un chauffeur il me demandait 30 F2 pour me conduire d’une gare à l’autre donc j’ai fait le trajet à pied, j’ai du passer une partie de la nuit sur les quais de la gare car les trains étaient réservés qu’aux militaires et ils n’étaient pas nombreux; devant la gare nombreuses manifestations des Austro-Boches qui voulaient partir et qui ne le pouvaient, heureusement que M. Raynaud m’avait préparé un bon paquet avec du poulet et une bonne bouteille de vin vieux.


1Donc le dimanche 2 août 14.

2Environ 100 € de 2013.

Les préparatifs de la Guerre

Moi, Émile Castanié, 24 ans maître d’hôtel à Mers-les-bains (Somme), aujourd’hui je pars à la guerre. Voici au travers d’une de mes lettres la Grande Guerre telle que je l’ai vécue.

Je suis né le 20 novembre 1889 à Lamalou-les-bains, station thermale dans l’Hérault, je suis le fils de Michel Castanié lui-aussi maître d’hôtel (il m’est arrivé de travailler avec lui comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous) et de Mathilde Pigot.

Michel-Emile-Casta-Hotel-


J’ai travaillé en Angleterre (c’est là que j’ai passé mon conseil de révision) et en France. J’ai fait mon service militaire au 58ème régiment d’infanterie (58ème RI) à Avignon et en Arles du 3 octobre 1910 au 25 septembre 1912. C’est moi à gauche avec le balai sur l’épaule.

EMILE-CASTANIE--GAUCHE-2-re

 

La guerre de 14 d’Emile Castanié

En cette année de commémoration du Centenaire de la Guerre de 1914, j’ai choisi de relater l’histoire de mon grand-père paternel Émile Castanié qui a été grièvement blessé et fait prisonnier dès les premiers jours de guerre.

Émile est mort en 1980 alors que j’avais 26 ans, mon immense regret bien que j’ai été très proche de lui, est de ne pas avoir parlé avec lui de ces moments pour connaître ses sentiments quand il monte dans le train pour le front, ses premiers jours de guerre, sa captivité et sa vie de son retour d’Allemagne à la fin de la Guerre.

Les seuls éléments dont je dispose sont quelques lettres dont une (retrouvée dans les années 2000) qui relate le début de la guerre. Écrite en 1915 elle raconte par le détail ce qui lui est arrivé et qu’il n’oubliera jamais. Bien qu’écrite un an après les faits elle est d’une extraordinaire précision sur les lieux, les dates, les événements.

Dans le texte qui suit il y a trois ingrédients : tout d’abord la lettre d’Émile (en italique dans le texte) c’est la description de ce qu’il a vécu et qu’il narre en 1915 à son père, ensuite pour argumenter le récit c’est la documentation que j’ai rassemblée sur les personnes et les événements (noms de personnes, parcours des régiments, météo, …), enfin pour agrémenter le récit je me glisserai dans la peau d’Émile, le texte sera bien sûr uniquement le fruit de mon imagination nourrie de toutes mes lectures sur cette époque. Je publierai jour par jour cent ans plus tard ces premiers jours de guerre. Les extraits de la lettre écrite par Émile seront en italique.


Emile-Castanie-conscrit-gro


Le Jardin du blessé Lyon le 23 octobre 1915

Cher Papa

J‘ai reçu ta lettre ces jours-ci qui m’a fait bien plaisir de vous savoir tous en bonne santé, pour moi il en est de même je suis en possession de mon appareil depuis quelques jours et il me va bien, hier j’ai passé ma dernière visite de réforme à la Faculté de Médecine tout est terminé maintenant et je crois que l’on ne me gardera pas longtemps ici.

Tu me demandes si j’ai répondu à le lettre de la personne que tu m’avais envoyé, je l’ai fait sitôt que la lettre m’est parvenue d’ailleurs je reçois presque tous les jours des demandes de renseignements et j’y réponds immédiatement. Tu me dis que je ne t’ai jamais parlé de ce qui m’est arrivé depuis mon départ de Mers-les-Bains, je me réservais pour te le raconter de vive voix lorsque je serais à Lamalou, car ce sont là des souvenirs inoubliables que je me rappellerai toujours, mais puisque tu y tiens je vais te le raconter.

Guerre 14-18, publication d’un livre

Je viens d’acheter un livre que je recommande car il est à la fois très bien écrit et rempli de détails qui proviennent de témoignages d’époque recueillis par l’auteur.

« La guerre à coup d’hommes » par Patrick-Charles Renaud aux éditions Grancher.

NB: je n’ai aucun intérêt dans la publication!!! Il y a juste le témoignage de mon grand-père qui est repris dans ce livre.

Réalisation d’un étui

Il y a quelques mois j’ai réalisé pour une personne une garde (voir article du 15 décembre 2012: réalisation d’une garde), à sa demande j’ai fait il y a quelques temps l’assemblage de la garde et du manche (bois de cerf poncé fourni) sur la lame ainsi que la confection d’un étui.

L’assemblage du manche n’a pas posé de difficulté particulière. En revanche pour l’étui j’avais une contrainte: l’utilisateur voulait un port proche de l’horizontale. Simple oui mais au détail près que le manche en bois de cerf était plus lourd que la lame donc le centre de gravité de l’ensemble se situait après la garde, donc j’ai du régler finement l’emplacement des passants.

Sur les photos suivantes vous verrez les différentes étapes de la réalisation: perçage du manche en bois de cerf poncé, rivetage et collage, réalisation d’un prototype d’étui en papier, découpe, teinture, couture main au point sellier de l’étui.

Pseudo micarta en « Jean »

Je viens de faire un test pour faire un genre de micarta en Jean pour la confection de manche. J’ai vu la procédure sur un site US . J’ai découpé dans un Jean des bandes de tissus de la dimension de la plaquette que je veux avoir (5 X 25 cm). Au niveau épaisseur je suis un peu juste j’ai 0,8 cm mais ça ira quand même. Portant j’avais une bonne épaisseur de tissu, mais j’ai été trompé par la compression.

Méthode: papier sulfurisé posé sur une planche, je pose une bandelette de Jean, je mets de la résine époxy, je repose une bandelette et ainsi de suite. Je referme mon papier sulfurisé et je met une 2° planche je serre le tout au maximum avec plusieurs serre joints. Attention ça a tendance à glisser au moment du serrage et l’excédent de résine s’écoule par les bouts.

J’ai découpé un petit bout pour voir l’effet, en ponçant en arrondi on voit bien le rendu du bleu et du blanc du Jean. Sur la photo la partie plus foncée c’est juste un test avec du vernis.

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